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Influenceurs trading : ce que la loi interdit depuis 2023

Mis à jour le 13 août 2026

L'essentiel

La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 interdit à toute personne exerçant une activité d’influence commerciale de promouvoir, directement ou indirectement, les contrats financiers définis à l’article L. 533-12-7 du code monétaire et financier — CFD, forex, options binaires — ainsi que les crypto-actifs et services associés, sauf lorsque l’annonceur dispose d’un agrément ou d’un enregistrement. Les manquements sont passibles de 2 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende.

C’est le texte que la moitié des comptes « trading » de TikTok et Instagram ignorent — et c’est aussi le meilleur filtre gratuit dont dispose un particulier pour trier ce qu’il voit passer.

Ce que le texte interdit exactement

L’article 4 de la loi vise l’influence commerciale par voie électronique, c’est-à-dire toute personne qui mobilise son audience en ligne contre rémunération ou avantage. Trois familles de produits sont concernées côté finance :

  • Les contrats financiers au sens de l’article L. 533-12-7 du code monétaire et financier — la catégorie qui englobe les CFD, le forex à effet de levier et les options binaires.
  • Les crypto-actifs, sauf ceux dont l’émission a fait l’objet d’une autorisation réglementaire.
  • Les services sur crypto-actifs, sauf lorsque l’annonceur est agréé ou autorisé pour les fournir.

Deux mots comptent particulièrement : « directement ou indirectement ». Un code promo, un lien d’affiliation, une vidéo « je vous montre ma plateforme », un tag en story ou une redirection vers un canal Telegram qui, lui, fait la promotion, entrent dans le champ. Le montage en cascade ne fait pas disparaître la responsabilité.

Les sanctions prévues

Cadre applicable depuis le 9 juin 2023
ÉlémentCe que prévoit le texte
Texte de référenceLoi n° 2023-451 du 9 juin 2023, article 4
Produits interdits à la promotionContrats financiers (art. L. 533-12-7 CMF), crypto-actifs et services associés hors acteurs agréés
Peine encourue2 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende
Peine complémentaire possibleInterdiction, définitive ou temporaire, d’exercer l’activité d’influence
Mention obligatoire sur tout contenu sponsorisé« Publicité » ou « Collaboration commerciale », lisible pendant toute la promotion

Ce n’est pas resté théorique

En septembre 2024, sur signalement de l’AMF, la DGCCRF a enjoint dix influenceurs de cesser la promotion d’une plateforme figurant sur liste noire (communiqué conjoint Parquet de Paris, AMF, ACPR et DGCCRF). La surveillance s’est intensifiée depuis : en 2025, plus de 4 500 publicités diffusées en médias traditionnels ou digitaux ont été analysées par le pôle commun AMF-ACPR, soit plus du double du volume de 2024.

Ce qui reste autorisé

La loi n’interdit pas de parler de trading. Elle interdit d’en faire la promotion commerciale. Restent licites : le contenu pédagogique sans lien commercial vers un produit interdit, le partage d’opinion, et la promotion d’acteurs disposant des agréments requis, à condition d’afficher clairement la mention publicitaire. C’est aussi la ligne que nous nous appliquons : nos comparatifs contiennent des liens partenaires rémunérés, ils sont signalés comme tels, et notre méthodologie est publique.

Le test en 4 questions avant de suivre un compte

  1. 1Le compte pousse-t-il un broker précis avec un code ou un lien ? Si oui, il est rémunéré — et si le broker n’est pas agréé, la promotion est illégale.
  2. 2La mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale » est-elle affichée sur les contenus sponsorisés ? Son absence est un manquement en soi.
  3. 3Le broker mis en avant figure-t-il dans un registre officiel (Regafi côté français) et non sur la liste noire de l’AMF ?
  4. 4Le compte promet-il un rendement ? Aucune promesse de gain n’est compatible avec un produit à risque de perte en capital.

Un créateur qui vous envoie vers un broker offshore avec un code promo n’est pas seulement discutable sur le fond : il s’expose à 2 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende. C’est le signal d’alerte le plus objectif qui existe — il ne dépend d’aucune opinion sur ses compétences.

Questions fréquentes

Un influenceur a-t-il le droit de promouvoir un broker forex ?+

Non pour les contrats financiers visés à l’article L. 533-12-7 du code monétaire et financier (CFD, forex à effet de levier, options binaires) : la loi du 9 juin 2023 en interdit la promotion, directe comme indirecte, par les personnes exerçant une activité d’influence commerciale.

Et pour les cryptomonnaies ?+

La promotion des crypto-actifs et des services associés est interdite, sauf lorsque l’annonceur dispose de l’agrément ou de l’autorisation requis pour fournir ces services, ou lorsque l’émission du crypto-actif a fait l’objet d’une autorisation réglementaire.

Quelles sanctions risque un influenceur ?+

Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende, avec la possibilité d’une interdiction définitive ou temporaire d’exercer l’activité d’influence commerciale.

La loi s’applique-t-elle à un influenceur installé à l’étranger ?+

Le texte prévoit des obligations pour les influenceurs établis hors de l’Union européenne qui ciblent le public français, notamment la désignation d’un représentant légal dans l’Union et la souscription d’une assurance civile. Résider à Dubaï ne place donc pas automatiquement hors du champ.

Comment signaler un influenceur qui promeut un acteur non autorisé ?+

Signalez-le à l’AMF via son formulaire de signalement ou Épargne Info Service (01 53 45 62 00), et à la DGCCRF via SignalConso. C’est précisément ce type de signalement qui a conduit aux injonctions notifiées à dix influenceurs en septembre 2024.

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Avertissement : contenu éducatif, ne constitue pas un conseil en investissement. Le trading comporte un risque élevé de perte en capital.